Brooke Henderson s’avance vers la portion décisive de l’Omnium féminin CPKC 2026 avec une chance bien réelle d’écrire une autre page marquante du golf canadien. À Edmonton, la joueuse de Smiths Falls peut non seulement défendre son titre, mais aussi devenir encore plus seule au sommet de l’histoire du tournoi.
Le décor est planté au Royal Mayfair Golf Club, où la troisième ronde de samedi servira de tremplin avant le dénouement de dimanche. Henderson y arrive avec du travail à faire, mais aussi avec l’expérience nécessaire pour transformer une fin de semaine difficile en démonstration de maîtrise.
Une occasion de marquer un peu plus l’histoire
La championne en titre a déjà prouvé qu’elle savait répondre à la pression de son public. En 2025, elle avait remporté l’Omnium féminin CPKC au Mississaugua Golf and Country Club, en Ontario, en finissant avec une ronde de 67 pour battre Minjee Lee par un coup. Ce triomphe lui avait donné une 14e victoire sur le circuit de la LPGA et consolidé son statut de golfeuse canadienne la plus décorée de tous les temps.
Cette semaine, l’enjeu dépasse le simple trophée. Une deuxième victoire d’affilée ferait d’elle la première Canadienne à défendre avec succès le championnat national et lui offrirait un troisième titre à cet événement, un exploit que seule Lydia Ko a aussi accompli dans l’histoire du tournoi.
Henderson fait déjà partie d’un club extrêmement restreint. Depuis les débuts modernes du championnat, seules elle et Jocelyne Bourassa ont remporté ce rendez-vous sur le sol canadien, Bourassa ayant triomphé en 1973 dans une époque où l’épreuve portait encore le nom de La Canadienne.
Le tableau de tête reste très relevé
La tâche ne sera toutefois pas simple, car plusieurs vedettes mondiales occupent les étages supérieurs du classement. Après la première ronde, Miyu Yamashita a pris les devants avec une carte de huit coups sous la normale, confirmant d’emblée qu’elle serait difficile à déloger.
La Japonaise n’est pas seule à inquiéter Henderson. Nelly Korda, numéro un mondiale, est arrivée à Edmonton forte de plusieurs victoires cette saison, dont le Championnat Chevron et l’Omnium féminin des États-Unis. Son niveau de jeu laisse peu de marge aux autres joueuses lorsque la semaine entre dans sa phase finale.
Lydia Ko garde elle aussi une place particulière dans cette lutte. Déjà championne ici à trois reprises, en 2012, 2013 et 2015, la Néo-Zélandaise peut établir un record absolu si elle soulève encore le trophée au Royal Mayfair. Son succès à Edmonton en 2013 demeure l’un des plus impressionnants de sa carrière, obtenu alors qu’elle n’avait que 15 ans.
Parmi les autres prétendantes capables de bouleverser le scénario, on retrouve Hyo Joo Kim, Ruoning Yin, Hannah Green, Jin Young Ko, Minjee Lee, Megan Khang, Paula Reto et Ariya Jutanugarn. Avec un tel groupe, la lutte promet d’être serrée jusqu’aux derniers trous.
- Miyu Yamashita a lancé le tournoi sur un rythme extrêmement élevé.
- Nelly Korda arrive avec l’élan d’une saison déjà très productive.
- Lydia Ko peut entrer seule dans une autre catégorie historique.
- Plusieurs anciennes championnes demeurent suffisamment dangereuses pour tout renverser.
La relève canadienne prend aussi sa place
Si Henderson attire l’attention principale, elle n’est pas la seule Canadienne à donner un intérêt particulier à ce tournoi. Edmonton accueille une délégation nationale étoffée, composée de professionnelles, d’amateures et de jeunes joueuses qui commencent déjà à se tailler une réputation à l’étranger.
Aphrodite Deng revient dans un contexte favorable après avoir terminé à égalité au 20e rang et été la meilleure amateure en 2025. La golfeuse de Calgary a ensuite poursuivi sur sa lancée en remportant le Championnat junior féminin des États-Unis, puis en défendant son titre au Mizuho Americas Open au mois de mai.
Anna Huang représente un autre nom à retenir. Native de Vancouver, elle est devenue professionnelle à 16 ans et a déjà amassé quatre victoires sur le Ladies European Tour. Sa rapidité d’exécution et son aplomb la placent parmi les jeunes Canadiennes les plus prometteuses du moment.
Clairey Lin dispute pour sa part son premier Omnium féminin CPKC après avoir remporté le Championnat junior féminin des États-Unis, suivant ainsi l’exemple de Deng. Ce doublé canadien chez les juniors a d’ailleurs constitué un fait rare dans l’histoire de la USGA, puisque deux athlètes du même pays ont réussi cet enchaînement lors de deux éditions consécutives.
Lauren Kim, Vanessa Borovilos, Shauna Liu, Tillie Claggett, Katie Cranston et Eileen Park complètent un groupe qui donne une belle profondeur au contingent canadien. Leur présence ajoute une dimension importante au tournoi, bien au-delà du simple sort de la favorite locale.
Samedi et dimanche : deux rondes pour tout décider
La ronde de samedi aura tout d’un moment charnière. Au Royal Mayfair, le fameux « jour du mouvement » sert souvent à faire la différence entre les joueuses qui restent en embuscade et celles qui perdent le contact avec la tête.
Pour Henderson, la mission sera claire : réduire l’écart sans gaspiller de coups. Le parcours exige une grande précision sur les coups d’approche et une discipline constante dans la gestion des risques, surtout quand la tension monte sur les derniers trous.
Si la troisième ronde ouvre la porte à un retour, la ronde finale de dimanche décidera du reste. En plus du prestige, la gagnante mettra la main sur la première part d’une bourse totale de 2,75 millions de dollars américains, dont 412 500 $ US reviendront à la championne.
Une victoire de Henderson n’ajouterait pas seulement une ligne à son palmarès. Elle confirmerait sa capacité à gagner quand les attentes sont les plus fortes, tout en offrant aux partisans canadiens un autre moment fort à célébrer sur la scène internationale.
Avec une championne locale en quête d’un doublé, des vedettes mondiales prêtes à lui barrer la route et une relève canadienne qui apprend aux premières loges, la fin de semaine promet une conclusion à la fois intense et significative pour tout le golf au pays.
